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Synopsis :

Moi, c’est Sam. Vous vous demandez qui peut bien se cacher derrière ce prénom ? Eh bien, une jeune femme. Enfin, je dirais plutôt une aventurière des grands et petits chemins. Une baroudeuse dans l’âme. Une mordue d’adrénaline et des rencontres humaines. 

Je suis une exploratrice de l’ère moderne en quête d’expériences authentiques et inédites. Je cherche la chaleur dans le sourire des habitants et l’émerveillement face aux paysages flamboyants de majestuosité. Je désire ardemment toucher l’extraordinaire à chaque coin de rue. Je veux sentir une métamorphose à chaque étape de mon itinéraire. Car oui, le voyage est quelque chose qui nous bouleverse et nous renverse, qui nous subjugue, qui nous transcende. Grande voyageuse, je parcours les mondes et les univers, les ambiances et les atmosphères. 

Découvrez donc le Pérou avec moi, à travers mes récits peuplés d’exploits et de galères, de moments forts en émotion et d’escapades au sein d’une nature absolue. Je vous emmène avec moi au cœur des Andes et de ses légendes !

Chapitre 3 : Découverte de Paracas

Voyage à Paracas

Regardant par la fenêtre du bus qui m’amène à Paracas, à quelques heures au sud de la capitale, mes yeux se plantent dans les paysages arides, typiques de la côte péruvienne, où le sable s’entortille, se gonfle et roule sur les flancs des dunes majestueuses. De part et d’autre de la route panaméricaine, j’aperçois de la rocaille à perte de vue, jusqu’aux falaises donnant sur l’océan Pacifique.

Le bus pris un dernier virage et se figea près d’un trottoir, en face de l’océan. Je pris alors ma première bouffée d’oxygène dans ce petit village de pêcheurs. Je remplis mes poumons de cet air frais et vivifiant, et sens autour de moi un monde émettant une chaleur sèche, supplée par un vent marin salé qui se pose sur mes lèvres. Pas de doutes, j’étais enfin arrivée à destination.

Je récupère ensuite ma valise, charmée par le décor et me mets en route pour rejoindre mon hôtel, armée de mon téléphone où se dessine sur une application de géolocalisation le meilleur itinéraire à suivre. A peine arrivée à la réception, on m’installe avec prévenance dans ma chambre en m’indiquant toutes les informations susceptibles de m’être utiles pendant mon séjour à Paracas.

Une fois dans ma chambre, je me passe un peu d’eau fraîche sur le visage afin d’effacer les dernières réminiscences du sommeil, puis je dézippe ma valise et y récupère mon appareil photo. J’avais pris le premier bus de la matinée afin d’arriver à temps pour le premier départ pour les îles Ballestas, il ne fallait pas que je traîne !

Me voilà à nouveau à l’extérieur. Devant moi, le Pacifique m’offre toute son étendue à perte de vue, immensité chaotique gouvernée par quelques déités marines à n’en pas douter. Près de la jetée, un appel est fait par le capitaine attendant ses derniers passagers. Je m’avance donc sur le ponton où attend, dodelinant, le bateau qui m’emmènera au plus près de cet univers marin.

Bientôt les vagues vinrent lécher la coque du navire, éclabousser les aventuriers que nous étions. Une sensation d’indicible liberté m’étreignit, les yeux parcourant avec avidité la surface bleutée autour de nous. Le trajet est long, mais passe vite, tellement l’océan nous fait perdre la notion du temps.En chemin, il nous avait été donné de voir en amont un majestueux géoglyphe, dessiné et gravé à flanc de désert sur la péninsule. Surnommé le « candélabre », cette figure nous surplombait, telle un géant ressemblant à un immense chandelier. Le guide nous expliqua les différentes hypothèses quant à la création de ce pétroglyphe cyclopéen, vieux de plus de 2500 ans et toujours intact.. Mon esprit avait alors bouillonné soudainement, me transportant dès lors à l’époque des civilisations pré-incas.

Soudain, un caquètement m’avait brusquement ramené à la réalité, une sterne inca, petit oiseau marin venant de piailler à proximité du bateau. Ça y est, après une demi-heure de navigation, nous touchons du doigt le Saint Graal : les îles Ballestas étaient en vue ! Je plisse les yeux, pressée d’apercevoir ma première silhouette animalière. Des rochers titanesques de couleur rouille à leur base et blanchis par le guano à leur sommet, émergent de l’eau telles des sculptures erratiques n’obéissant à aucune loi humaine. Nous étions sur le territoire des éléments, peuplé par les espèces aquatiques : la nature était reine en cet endroit en marge du monde des Hommes.

Notre bateau se rapproche peu à peu de cet univers fantastique entre terre et mer. J’entrevis une forme longiligne au pelage brun : un lion de mer ! Cet animal offrait allégrement son dos au soleil, sommeillant vraisemblablement après une chasse sous-marine fructueuse. Des formes bougèrent autour de lui. Je n’avais pas vu qu’il s’agissait d’une colonie, la fourrure de ces mammifères se confondant avec la roche brunâtre par endroit, entassés sur un îlot solitaire. Je lève les yeux, consciente de la cacophonie aérienne qui se joue au-dessus de nous, des ballets incessants prenant forme dans le ciel, cormorans et sternes caquetant sans réserve.

En haut des falaises, des silhouettes plus massives attirent mes pupilles. Des pélicans à l’œil sévère, me rappelant celui, ténébreux, du film de Jumanji, nous offrent leur profil découpé à la serpe en contre-jour. À côté d’eux, des manchots de Humboldt se gargarisent, pépiant entre les rochers, sautant à pieds joints d’aspérité en aspérité, ces oiseaux patauds et facétieux étant reconnaissables au liseré blanc sur leur flanc. 

L’appareil photo vissé à mes mains, je contemple à travers l’objectif toute cette beauté marine en retenant mon souffle. Bravant les flots et volant dans les cieux, ces animaux me semblent presque alors surnaturels. Pas étonnant que ces îles riches en biodiversité puissent être parfois appelées les « Galapagos » du Pérou. Moins étendu cependant que la réserve naturelle en Équateur, l’archipel ici présent était une excellente mise en bouche des merveilles que recèle ce vaste pays.

Le bateau enclenche soudain son retrait, laissant dans son sillage une eau tourbillonnante. La tête encore pleine de flashs hypnotiques, je regarde s’éloigner cet archipel florissant de vie, rapetissant de minute en minute à l’horizon.

Nous touchons finalement terre après une belle expérience, perdus dans nos pensées foisonnantes. Je remonte le ponton, rêveuse, et me mets en quête d’un restaurant pour apaiser les affres de mon estomac. Je m’installe dès lors confortablement en terrasse, après avoir décrypté le menu du jour, et commande un arroz con mariscos, spécialité locale composée de riz et de fruits de mer !

Mon esprit s’agite pendant que je déguste ces mets délicieux. Devrais-je partir à la découverte de la réserve naturelle de Paracas ou me prélasser à l’hôtel ? J’ai entendu dire que la Réserve pouvait se visiter à vélo, ce qui serait une introduction idéale, pour s’immerger dans ce site sous convention Ramsar. Reconnue pour la conservation des espèces nidificatrices et migratrices, elle abrite goélands gris, pluviers argentés, flamants du Chili et condors des Andes. Une véritable croisée des mondes et un camaïeu de couleurs.

Rassasiée et un peu somnolente, la visite de la réserve sera peut-être pour plus tard, mon corps ayant finalement davantage envie de détente à ce moment-là précis. Je récupère dans mon sac à dos les flyers donnés par le réceptionniste de mon hôtel, certaine d’y avoir lue une information sur une piscine dans les environs. A moi donc le transat pour lézarder un peu !

Et me voilà, en un rien de temps, allongée sur le pourtour d’une piscine calme, sirotant un cocktail sirupeux savoureux. Alanguie, je porte à mes lèvres la paille plantée dans le liquide rafraichissant, les glaçons tintinnabulant sur les parois. La paille rencontra bientôt que du vide, produisant ce bruit d’aspiration que l’on connaît tant. Je me lève donc et me dirige vers le bar, afin de commander une autre boisson.

Or, arrivée au comptoir, je m’aperçois que je n’ai plus mon portefeuille dans la poche prévue à cet effet. Je fouille précipitamment l’entièreté de mon sac à dos, pestiférant à voix haute, me morigénant d’avoir pu laisser mon argent dans ma chambre d’hôtel, ou pire, d’avoir pu égarer mon sésame pour poursuivre mon séjour en toute tranquillité. La mine abattue, je laisse mon sac éventré sur le comptoir, me remémorant mentalement le chemin emprunté jusqu’à cet hôtel. Presque certaine finalement d’avoir laissé mon portefeuille bien en évidence sur le lit de ma chambre, je me rassérène un peu, tout en réfléchissant à comment régler ma note.

C’est à ce moment-là que la chance voulut qu’un compatriote français, Ángel, m’interpelle et me vienne en aide. Ce que je ne savais pas encore à cet instant, c’est que nous allions bientôt faire route commune pour rejoindre Nasca !

À suivre…

Léa Van Cuyck

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