Une civilisation au coeur des Andes ...

Également appelés Quechuas, les Incas ont formé le plus grand et le plus puissant empire de l’Amérique précolombienne, du XIIIe siècle jusqu’à l’arrivée des colonisateurs espagnols au XVIe siècle. Ils se sont d’abord établis dans l’actuelle région de Cusco, au Pérou, avant de s’étendre et d’occuper une partie de la Colombie, de l’Équateur, de la Bolivie, du Chili et de l’Argentine.

Son origine

Il existe 2 légendes sur l’origine de l’empire Inca :

– La première légende racontée par l’Inca Garcilaso de la Vega raconte que Manco Capac et Mama Ocllo ont émergé du lac Titicaca, envoyés par le Dieu Soleil, pour civiliser la population et créer un empire en son nom. C’est ainsi naquis la civilisation inca.

– La deuxième légende parle des frères Ayar et raconte que le Dieu Ticci Viracocha (qui signifie “Créateur du monde”) envoya ses fils avec leurs femmes  qui possédaient des pouvoirs et des capacités spéciales à la recherche de terres. C’est ainsi qu’ils s’installèrent à Cusco.

L’empire inca a commencé son expansion en 1438 après J.-C. L’État appelé “Tawantisuyu” était composé de « suyos » ou villes, et de villes dont Cusco était la capitale. L’empire était organisé en 4 provinces : « Chinchansuyu » (la province au Nord de Cusco jusuq’à la Colombie), « Antisuyu » (la province située à l’Est de Cusco), « Cuntinsuyu » (la province à l’Ouest de Cusco) et « Collasuyu » (la province au Sud de Cusco jusqu’au Chili).

L’empire possédait le plus grand réseau routier du monde : le « Qapác Ñan », qui signifie : chemin du roi ou des puissants. Ce réseau routier était encore plus vaste que tout l’empire romain, allant du Chili et en passant par par la Bolivie ou encore de l’Équateur. Ces étendues considérables dépassaient ainsi les 30 000 kilomètres de longueur.

Carte du Tawantisuyu

La politique

L’empire des Incas était, d’un point de vue politique, une monarchie absolutiste et théocratique. Le pouvoir était centralisé chez l’Inca qui était d’origine divine car considéré comme le fils du soleil. Le droit de gouverner se transmettait par héritage, puisque tout ce que disait l’Inca était considéré comme une loi suprême.

La plupart des gens étaient constitués de groupes de familles appelés « ayllu ». L’ayllu était la base de l’organisation sociale inca ; dans l’ayllu, tout reposé sur le travail communautaire (tous pour un, et un pour tous). On dit qu’ils étaient descendants d’un tronc commun, soit par le sang, le territoire, les liens économiques ou religieux. Ils se dédiaient à la protection des terres, au commerce et à la livraison des produits au gouvernement pour qu’il puisse ensuite les distribuer à toute la population.

Ce groupe de personnes avait un seul chef appelé « Curaca » mot quechua qui se traduit par “celui qui est le plus grand”. Celui-ci faisait le lien entre l’état inca et le peuple. ll était chargé de l’organisation des tâches au niveau territorial car ils étaient conseillers, juges et administrateurs des biens de l’ayllu.

Le premier gouverneur fut Manco Capac, qui organisa les lois fondamentales du peuple inca et imposa des punitions sévères en cas de non-respect des règles. Le premier empereur inca fut Pachacutec, qui réorganisa l’État et ordonna la construction de villes importantes, comme le Machu Picchu. La période d’expansion de l’empire s’est poursuivi jusqu’en 1525 par les empereurs successeurs.

Bien que seuls les nobles vivent dans le luxe, il n’y a ni commerce, ni argent, ni chômage au sein de l’empire. Lorsque les jeunes hommes atteignent l’âge adulte, ils doivent servir dans l’armée. Grâce à leur organisation sociale sophistiquée, ils ont réussi à convaincre plusieurs royaumes voisins de rejoindre leur empire. Dans le cas contraire, ils ont utilisé la force par le biais de leur armée pour que les peuples se soumettent aux règles incas.

L’architecture

L’architecture inca se caractérise par sa solidité, sa simplicité et sa symétrie, toujours en quête d’harmonie avec la nature. Leurs constructions horizontales en pierre et en adobe leurs ont permis de résister aux événements sismiques jusqu’à aujourd’hui. L’architecture inca est sans aucun doute l’un des grands héritages de cette civilisation qui a été préservée au fil du temps, en même temps, la capacité et l’habileté de ces bâtisseurs continuent d’étonner les ingénieurs et les architectes contemporains.Les pierres étaient en effet sculptées et poncées jusqu’à obtenir des murs lisses. Elles se chevauchaient au millimètre sans avoir besoin d’utiliser d’enduit pour les fixer. Un savoir faire unique.

Exemple de construction (Palais de Inka Roka)

L’économie

L’économie inca était basée sur l’agriculture, qu’ils ont su adapter aux conditions naturelles. Ils ont développé des techniques avancées avec des terrasses de culture situées dans des endroits qui semblaient inaccessibles et ont ainsi profité des pentes sur les montagnes. Chaque secteur a été utilisé pour cultiver les légumes en fonction de leurs propriétés et des climats requis pour chaque culture. Ils utilisaient des engrais tels que des poissons décomposés ou du « guano ». Les Incas ont réussi à domestiquer et à cultiver environ 3000 variétés regroupées en huit espèces de pommes de terre (1000 auraient disparu aujourd’hui). Le maïs était lui adoré par les Incas : cette céréale était leur principale source d’énergie et de richesse.

L’État dirigeait le travail de la terre puis, était chargé de redistribuer la production parmi l’ensemble de la population. Ils récoltaient entre autres des pommes de terre, du maïs, des haricots, des citrouilles, du quinoa, du coton et des arachides. La distribution des récoltes au sein du « Tahuantinsuyo » avait trois destinations : la plus grande partie était destinée à la consommation humaine, une plus petite partie était donnée aux Incas en guise de tribut et ce qui restait était conservé pour les périodes de pénurie. Concernant le travail du textile, ils utilisaient des métiers à tisser pour fabriquer des vêtements et des manteaux en coton ou en laine de lama.

Le système économique inca a fonctionné grâce à son type de production et à la répartition des richesses entre tous ses habitants. Dans l’empire, il n’y avait pas d’argent non plus, il n’y avait ni pièces ni billets pour modérer l’économie. C’est pourquoi le troc a été utilisé, une pratique qui consistait à échanger des produits. Il arrivait souvent qu’un « ayllu » (groupe de familles) ait beaucoup de récoltes et les échangeait avec un autre « ayllu » contre quelque chose qu’il n’avait pas.

Il y avait aussi des marchands dans le « Tahuantinsuyo » qui parcouraient de courtes distances, de ville en ville, pour essayer d’échanger leurs produits. Ils se rendaient sur les quelques marchés qui existaient pour faire du troc, mais toujours avec l’autorisation de l’autorité locale (« curaca »). Il était impossible pour une personne de faire un échange si elle n’avait pas l’autorisation appropriée.

La vie inca

La communication

Les Incas n’avaient pas d’écriture, mais ils étaient maîtres en mathématiques. Ils avaient un contrôle exact grâce au « Qhipu ». En quechua, le mot « Qhipu » signifie essentiellement “nœud” et sert de registre numérique. C’était leur principal instrument de comptabilité : on sait que selon le type de nœud, l’intensité et la position, ils exprimaient quelque chose de différent. Les « Quipucamayoc » étaient les seuls spécialistes qui pouvaient les déchiffrer, ils étaient les seuls fonctionnaires du gouvernement inca qui savaient encoder et décoder l’information.

Les Incas avaient aussi un système de coursiers sur tout leur territoire. Ils étaient chargés de transporter les messages et étaient appelés « chasquis » ou messagers de l’empire. Ils devaient avoir les qualités d’un athlète pour parcourir jusqu’à 200 kilomètres en une journée.

Messager inca (Chasqui)

La religion

La religion des Incas était polythéiste, c’est-à-dire qu’ils croyaient en de nombreux dieux : « Pachamama » était la déesse de la fertilité de la terre, « Illapu » était le dieu de la foudre et « Quilla » était la déesse de la lune, entre autres. Cependant, ils en vénéraient un en particulier : « Inti », le dieu soleil.

Pour les Incas, la mort était un passage sacré vers la vie d’après dans lequel tous ceux qui avaient pratiqué les injonctions inca de ne pas mentir et de ne pas voler pouvaient vivre dans un paradis sous la chaleur du soleil. Les souverains décédés étaient momifiés et conservés dans des temples.

Ils ont également effectué des sacrifices humains en guise d’offrandes aux dieux incas, principalement à « Inti », le Soleil. D’abord un banquet était organisé en l’honneur des sacrifiés, généralement des enfants, puis ils étaient emmenés par le prêtre sur la haute montagne où ils étaient sacrifiés. Ce n’était pas une pratique courante, mais quelque chose qui était fait dans des cas très exceptionnels, tels que les catastrophes naturelles, les tremblements de terre ou les perturbations cosmiques.

En outre, ils croyaient en l’existence de trois mondes interdépendants :

– « Hanan Pacha » (monde supérieur, céleste ou supra-terrestre) : c’était un monde céleste et seuls les justes pouvaient y entrer.  Il était représenté par le condor.

– « Kay Pacha » (monde réel) : c’était le monde dans lequel les Incas habitaient le monde réel et terrestre. Représenté par le puma.

– « Uku Pacha » (monde d’en bas ou monde des morts) : le monde des morts était considéré comme le monde des enfants à naître. Les grottes étaient considérées comme des lignes de communication entre ce monde et le monde terrestre. Représenté par le serpent.

Les trois mondes selon les Incas

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